Le constat de risque d'exposition au plomb accompagne la vente de nombreux logements anciens. Comme pour l'amiante, l'essentiel se joue dans une distinction : la présence du plomb n'est pas, en soi, le problème.
Les biens concernés
Le CREP est obligatoire à la vente pour les logements construits avant le 1er janvier 1949, date à partir de laquelle l'usage de la céruse dans les peintures a été progressivement abandonné.
Il porte sur les revêtements — peintures anciennes, principalement — et pas sur les canalisations, qui relèvent d'une autre question.
Ce que le diagnostic classe
Le diagnostiqueur mesure la concentration en plomb des revêtements et note leur état de conservation. C'est cette seconde information qui compte.
Une peinture au plomb intacte, recouverte, non écaillée, ne libère rien. Le risque apparaît quand le revêtement se dégrade : écaillage, poussières, et surtout ponçage lors de travaux. Les jeunes enfants sont les plus exposés, par ingestion de poussières ou d'écailles.
Ce que le vendeur doit faire
Si le constat révèle des revêtements dégradés contenant du plomb, le propriétaire doit en informer les occupants et procéder aux travaux nécessaires pour supprimer le risque d'exposition. Le rapport signale par ailleurs les situations de danger à l'autorité compétente.
En pratique, la mise en sécurité passe souvent par un recouvrement durable plutôt que par une élimination complète : encapsuler coûte moins cher et évite de générer des poussières.
Le piège des travaux
C'est le point à transmettre à l'acheteur, surtout s'il projette de rénover. Poncer une ancienne peinture sans précaution dans un logement d'avant 1949 est le scénario le plus risqué qui soit — bien plus que de vivre dans le logement en l'état.
Un acheteur informé fera intervenir des professionnels équipés, ou choisira des techniques qui ne génèrent pas de poussières. Un acheteur non informé sortira la ponceuse un samedi matin.
La durée de validité
Un constat qui ne révèle aucune présence de plomb, ou seulement à des concentrations faibles, n'a pas à être refait. Dans le cas contraire, sa validité est limitée dans le temps pour une vente — l'état de conservation ayant pu évoluer.
Un vendeur qui exhume un rapport ancien a donc intérêt à vérifier ce point avant de le joindre au dossier, plutôt que de le découvrir chez le notaire.
Comme les autres diagnostics, il se met à disposition des acheteurs qui en font la demande depuis la page du bien : ils le lisent avant la visite, et les questions qu'ils posent ensuite sont les bonnes.